Une de mes amies Facebook a photographé ce panneau sur le bord d’une route dans la Péninsule acadienne au Nouveau-Brunswick. Trouvez l’erreur :

… le conducteur ne porte pas de ceinture de sécurité!
Une de mes amies Facebook a photographé ce panneau sur le bord d’une route dans la Péninsule acadienne au Nouveau-Brunswick. Trouvez l’erreur :

… le conducteur ne porte pas de ceinture de sécurité!
Patrick Lagacé se demande pourquoi cet accident. C’est assez simple en fait. C’est même con tellement c’est simple. La raison : une route de merde. Je le sais, j’ai habité à Moncton pendant plus de 10 ans et j’ai dû faire la route vers Bathurst au moins une centaine de fois.
Cette route, c’est de la merde pure. Une (autre) tragédie en attente. Pourquoi? Parce que c’est une route à une seule voie dans chaque direction, en face à face, sans rien pour séparer les voitures dans le milieu. Limite de 90 à 100 km généralement, dépassements extrêmement dangereux puisqu’on risque un face à face à chaque fois et que la route tourne et monte et descends dans des vallons donc la visibilité n’est pas optimale. Dans le coin de Cocagne et Bouctouche, y’a aussi des sacrées flaques d’eau qui n’ont l’air de rien comme ça mais qui m’ont donné certaines des plus grandes frousses de ma vie de conductrice automobile. Des flaques qui deviennent des plaques de glaces noires l’hiver aussi. Sans parler des oeillères dans la route. Ouf…
La route 185 remporte de loin la palme de route la plus mortelle que je n’ai jamais vue mais dans le domaine de la merditude routière, les routes 11/134/8 qui relient Moncton et la Péninsule acadienne arrivent toutes juste derrière la 185.
Malheureusement, c’est le concept de la saucisse Hygrade. Pas de route parce que pas assez d’industries qui justifieraient le traffic routier entre Moncton, la Péninsule et la Baie des chaleurs. Pas d’industries parce que pas de route potable. Faut dire que l’autoroute à deux voies dans chaque direction, bien séparées au milieu, c’est très nouveau au Nouveau-Brunswick. Je ne suis même pas certaine que toute la Transcanadienne à deux voies de Edmunston jusqu’à Moncton est encore ouverte. Elle est en construction mais je pense que tous les segments ne sont pas encore terminés.
Lors de la dernière campagne électorale provinciale, le parti libéral de Shawn Graham a promis une clôture à animaux (orignaux, chevreuils, etc.) le long de la route qui même à la Péninsule acadienne. Honnêtement, je pense qu’une nouvelle route tout court aurait été encore mieux.
Oui ça coûte cher, c’est sûr. Mais combien de vies ça vaut?
C’est un sujet sur lequel je veux écrire depuis très longtemps et qui me trotte dans la tête depuis des mois et des mois.
Depuis août dernier, je demeure au centre-ville d’Ottawa. Et depuis l’automne dernier, il y a 4 voitures (incluant la mienne) avec des plaques du Nouveau-Brunswick juste sur mon petit bout de rue. Des gens qui stationnent la nuit, donc des gens qui restent dans les alentours. 4 voitures sur un petit bout de rue de rien du tout, c’est fascinant. Et comme tous les loyers alentours sont élevés (plus de 1000$/mois), on peut en déduire que c’est donc des professionnels qui avaient certainements des emplois au Nouveau-Brunswick et qui ont décidé de déménager à Ottawa où ils ont aussi une job. À 2 coins de rue de chez nous, une bonne amie a aussi loué un appartement le mois dernier, après être retournée à Moncton après avoir habité à Ottawa pendant quelques années. Elle avait entendu parlé du “buzz” à Moncton et avait décidé de revenir à Moncton. 8 mois plus tard et pas de vraie job intéressante, elle est revenue à Ottawa. Où elle s’est rapidement trouvé du travail, une job de bureau qui rapporte plus de 50 000$/an.
En fait, c’est complètement fascinant le nombre de jeunes professionnels du Nouveau-Brunswick qui sont maintenant à Ottawa. Il y a quelques semaines, je me suis ramassée dans un bar branché avec une dizaine de personnes, toutes du Nouveau-Brunswick, tous des jeunes entre 25 et 35 ans, tous célibataires ou en couple mais un couple généralement nouveau et pas marié et sans enfant, tous qui sont soulagés d’être à Ottawa. C’est frappant.
On discute, on jase et le consensus qui se dégage autour de la table est frappant. Le Nouveau-Brunswick, et Moncton n’est pas en reste, n’est pas un endroit accueillant et agréable, pour des jeunes branchés célibataires de 25 à 35 ans. Les filles trouvent qu’il n’y a pas de bons mecs célibataires avec du potentiel de 30 ans à Moncton. Y’a les 4 mecs que tout le monde connait et qui sont des gros courreurs de jupons (ben non, je les nommerai pas mais écoutez, si vous sortez un peu, vous en connaissez sûrement un ou deux) et sinon, y’a des gars mariés, des gars saoûls pis des gars qui ont des bizarres de problèmes divers.
Un mec, Guillaume, explique que lorsqu’il a fini ses études à l’Université de Moncton, il avait 40 000$ de dette et que le meilleur emploi qu’il a trouvé payait 35 000$ alors qu’à Ottawa, il a pu facilement trouvé un emploi de plus de 50 000$. Yan quant à lui explique qu’à Ottawa, c’est plus facile de voyager, qu’il y a des vols internationaux vers le monde et que même en ville, on peut trouver des restos et d’autres ressources ethniques très facilement.
-Mais des loyers à plus de 1000$, ça vous écoeure pas? Et l’imposibilité, à moins d’être Belinda Stronach, de s’acheter un condo au centre-ville?
Phil répond tout de go : ouais mais au moins ici, je peux payer mes assurances auto et si jamais j’ai des enfants, je pourrais payer la garderie.
Caroline est encore plus cinglante : au moins ici, mes enfants - si j’en ai - pourront apprendre le français et l’anglais à l’école et sauront l’écrire comme il faut. Et c’est pas les universités de qualité qui manquent quand ils seront grands. (ouch!)
C’était une conversation super intéressante mais en même temps, ça démontre un malaise extraordinaire. Y’a pleins de jeunes professionnels qui ont, dans plusieurs cas, tenter de faire une carrière au Nouveau-Brunswick mais qui ont décidé de quitter Moncton et d’autres villes pour profiter, essentiellement, de meilleures opportunités professionnelles et une meilleure qualité de vie.
Bernard Lord, jadis premier ministre, avait tenté de convaincre des jeunes professionnels de revenir au Nouveau-Brunswick sans grand succès à ce que j’en comprends. Le groupe de travail sur l’autosuffisance du Nouveau-Brunswick aussi parle de rapatrier des jeunes professionnels.
4 voitures juste sur ma rue et pleins de jeunes professionnels partout en ville. Y’a un malaise là. Et après en avoir jasé avec tous ces gens, dont la majorité que je n’avais jamais rencontré de ma vie, je constate que le Nouveau-Brunswick a encore beaucoup de chemin à faire pour convaincre ses jeunes de revenir. Y’a quelque chose qui manque, de toute évidence. Je ne peux pas dire quoi, je ne peux pas l’expliquer mais il y a quelque chose là et je ne pense pas que ni le gouvernement du Nouveau-Brunswick ni le groupe de travail sur l’autosuffisance en prend encore la pleine mesure…