Ich Bin ein Berliner!

23 12 2007

Alors voilà, j’ai survécu la première journée, sans doute la pire parce qu’elle inclut un vol de nuit transatlantique sans grand sommeil, une journée à marcher dans Paris pour passer le temps avec un backpack de plus de 15 kilos (30 lbs), un autre sac à l’épaule pour les bidules fragile comme l’ordi portable, les câbles, les lentilles de caméras et ladite caméra, plus les papiers, passeport, argent, alouette. Tout ça pour traverser complètement Paris d’un aéroport à l’autre, du Nord au Sud, pour aboutir en soirée à Berlin, après un autre vol.

Je ne suis pas ici et je n’existe pas

Bizarrement, en cette ère post-9/11 de terrorisme, je n’ai techniquement pas mis les pieds en France aujourd’hui et je ne suis techniquement pas en Europe. Parce que personne n’a tamponné mon passeport. Bizarre, non? Je ne connais pas les règles qui guident l’étampage international des passeports mais moi, je suis bien fière d’avoir pleins de tampons dans mon passeport et quand je passe quelque part sans qu’on y mette de tampon, je dois avouer que je suis drôlement déçue. Le douanier à Charles-de-Gaulle a regardé mon passeport et m’a bien « bonne journée ». Pas de tampon, pas de trace, rien. Et zéro « passport Kontrol » à Berlin. Déception…

 23 décembre, Joyeux Noël, Monsieur Côté, salut Ti-Cul…

Ok, alors il fait soleil, vous êtes à Paris et vous avez des heures à perdre. Qu’est-ce que vous faites? En considérant que vous avez l’air d’un escargot avec votre méga sac à dos évidemment. Mon plan premier était d’aller monter la butte Montmartre jusqu’au Sacré-Cœur pour déjeuner assise au soleil comme un gros chat avec 2 pains au chocolat et un Fanta à l’orange. Finalement, je me suis achetée 2 pains au chocolat que j’ai mangé sur le parvis de Notre-Dame. Et puis je me suis dit que tant qu’à y être pourquoi pas aller voir la messe du dimanche de l’avant avant Noël à Notre-Dame? Je vais vous dire, y’a drôlement moins de touristes un 23 décembre, c’est drôlement agréable ça. Et puis avec une meilleure caméra, du meilleur équipement et plus d’expérience, j’ai réussie (après trois visites et plusieurs photos merdiques) à finalement prendre une bonne photo de la fameuse rosace de Notre-Dame. Yé!

 Montréal VS the world

C’est quand même fou quand on y pense. Je débarque à l’aéroport Charles-de-Gaulle de Paris, le Terminal 3 en plus, et je peux marcher jusqu’à une station de transport en commun (le RER B) qui me connecte avec toute la ville de Paris pour grosso modo 2 euros. Grâce au même système (en fait, la même ligne de RER mais à l’autre bout), je peux aller prendre l’avion à l’aéroport Paris Orly sans problème. Je débarque ensuite à Berlin Schoenefeld et je marche quelques centaines de mètres pour me connecter directement au S-Bahn, qui fait partie du réseau de transport en commun de Berlin. Billet pour la zone AB pour me rendre de l’aéroport au centre-ville de Berlin : 2,10 €

La navette (dont plusieurs ne connaissent même pas l’existence) qui relie l’aéroport de Dorval et le centre-ville de Montréal coûtait, la dernière fois que je l’ai prise y’a quelques années, 13$ si je me rappelle bien…On n’est carrément pas dans la « game ».

 Plus tu vas loin, plus tu es proche

Je suis arrivée au Circus à Berlin et j’ai pris le seul lit qui restait dans le dortoir. La couchette d’en bas d’un lit à deux étage. Qui occupe la couchette d’en haut? Un Canadien, évidemment…

 Et on vit à une belle époque. Je suis à Berlin, en train de clavarder avec une amie montréalaise qui est présentement à Londres mais que je vais sans doute croiser à Paris dans quelques jours. J’échange quelques lignes avec un gars de Calgary, que j’ai connu à Ottawa qui est présentement en Australie et j’envois un message instantané à un mec que j’ai connu à Paris mais qui est libanais d’origine. Il n’y a plus de frontière, la planète est toute petite – si petite qu’elle peut être contenue sur une liste MSN…

Visite de Knut demain, je le saluerai pour vous. Savez-vous que y’a une Allemande qui a gagné, au début du mois, pour le premier anniversaire de Knut, un voyage vers Sudbury (ou est-ce Windsor?) pour voir des « vrais » ours polaires dans la nature??!!!





Ich Bin ein Noël

19 12 2007

Je serai à Berlin pour Noël. Et le bonheur est des fois dans les petites choses. Ce qui m’excite le plus à propos de Berlin, c’est de me retrouver au Circus, de loin le meilleur et la plus fantastique auberge de jeunesse au monde, toute design, qui nous donne l’impression de dormir dans un catalogue IKEA.

Et prendre le U-Bahn, le métro. Vraiment, c’est ridicule mais j’ai vraiment, vraiment, très hâte de prendre le métro à Berlin. Et de marcher dans les rues de Berlin Mitte aussi.





Méchant gros coup de coeur de fou : Once et Glen Hansard and Marketa Irglova

9 06 2007

J’avais envie d’un film hier soir. Quelque chose de bien et de différent. J’avais ni envie de voir Eddie Murphy jouer pour la 10e fois une grosse obèse morbide noire digne de Jerry Springer et je n’avais pas non plus envie de re-re-re-voir une histoire de jeune perdue nue pieds qui se fait courir après par des zombies dans une auberge de jeunesse.

Et au coin de chez moi, y’avait au cinéma un film intitulé Once qui prennait l’affiche hier. Je suis donc allée voir le site web. Wow, c’est à Dublin, une ville que j’ai profondément adorée à chaque fois que j’y suis allée, ça se passe dans à Temple Bar, le quartier des pubs en plein coeur de Dublin et en plus, les personnages fréquentent les lieux qui m’ont marqué moi aussi. L’arcade où je me suis achetée des jupes que j’adore et que je porte pratiquement tout le temps et même le commerce où j’ai acheté mon Bodhran. Voilà, c’était choisi - j’allais voir Once.

Le film est magnifique. Dublin y est pratiquement un personnage. Et le personnage principal du film, c’est la musique de Glen Hansard and Marketa Irglova (aussi connu comme le groupe The Swell Season). Ça m’a renversée et boulversée à la fois. La chanson Slowly Falling m’est restée dans la tête et je l’écoute en boucle depuis que je suis sortie de la salle. J’avais entendu parler du groupe The Frames mais sans plus. Ils étaient à Montréal, au National, y’a quelques semaines à peine. J’arrive pas à croire que j’ai manqué ça. En fait, j’arrive pas à croire que je ne connaissais pas Glen Hansard et surtout, ses duos hypnotisants avec Marketa Irglova. Les deux jouent dans le film et ils chantent aussi. Ils ont écrit les chansons du film. Slowly Falling, je vous le dis c’est extraordinaire. Et If you want me, j’écoutais la chanson et je pouvais m’imaginé ma bonne amie Éliane faire du flamenco là-dessus, ça serait digne de Roxanne dans Moulin Rouge de Baz Lurhman. Et toutes les chansons du film vraiment. C’est superbement incroyable. Et là, je m’ennuie énormément de mon vieux piano centennaire en storage à Moncton depuis près d’un an…

Bref, allez voir le film, écoutez les chansons, découvrez The Frames et surtout les duos de Glen Hansard et Marketa Irglova. Il y a 2 ans, jour pour jour, j’étais en Europe (en fait, y’a 2 ans jour pour jour, c’était un vendredi soir, j’arrivais à Paris, je laissais mon sac au Montclair Montmartre, sur le lit d’en face il y avait un artisan du Vieux-Montréal et à cette heure-ci, je rejoignais un mec que je n’avais jamais rencontré pour descendre pour la toute première fois de ma vie dans les catacombes) et ces chansons me replonge en pleins dans mon voyage, qui a marqué ma vie et changé ma vision du monde pour toujours. Et je me rappelle vers la fin du voyage, partie à 6h du matin de Ibiza, j’arrivais à Dublin en fin d’après-midi, dans une auberge de jeunesse sur O’Connor. J’ai immédiatement déposé mon sac, je suis allée marcher sur Grafton Street, que l’on voit dans le film, pour aller me chercher une boîte de chocolat chez Butler’s Chocolates pour ensuite aller m’asseoir près du A’Penny Bridge, au bord de la Liffey en mangeant mes chocolats avec en arrière-plan, un musicien de rue qui jouait du Leonard Cohen sur sa guitare. Un petit moment extraordinaire dans le temps qui est exactement comme une chanson de Glen Hansard et Marketa Irglova. C’est fascinant.

Évidemment, alors que mon petit (pas petit du tout) cousin est en Bolivie pour l’été, qu’une amie quitte demain pour Londres et Paris, et que pleins d’autres amis s’en vont eu Europe et mon père qui m’envois un courriel pour me dire que Zoom a une vente sur les billets d’avions vers Londres et Paris, vous aurez compris que Once et sa musique n’a absolument rien fait pour m’enlever cette envie obsédante de voyager qui m’habite… Argh.