
Quand j’ai vu les anarchos et autres rouges et noirs à la Place Valois hier, j’ai bien senti que ça allait brasser mais j’ai surtout senti l’ironie de la situation.
Ironie oh que oui puisque la Place Valois, c’est l’exemple même de la revitalisation réussie d’Hochelaga-Maisonneuve. On y ac construit des condos (ouais, ok, des maudits condos) mais tout en y intégrant des rues piétonnières! Non, mais sérieusement, vous avez bien lu, un projet immobilier bien fait, beau, sympathique, qui inclut un parc et une rue piétonnière!!! Sans farce… Et encore mieux, on y a intégrer des commerces locaux de proximité dont les jeunes propriétaires (tous moins de 30 ans sauf un?) sont présents dans leur commerce, on peut les rencontrer et discuter avec eux. Pas de “big boxes stores”, pas de Wal-Mart, que des petits commerces locaux de qualité. Tous des commerces dont les proprios sont consciencieux et qui embauchent des gens du quartier. Et surtout, un projet de redéveloppement qui a bien fonctionné puisque la population, on le voit bien la fin de semaine quand on passe par là, s’est réapproprié le parc et les espaces publics. Bref, c’est un grand succès.
Bref, j’ai été un peu vexée de voir tous ces anarchistes masqués débarquer chez nous pour venir dénoncer le capitalisme, l’exploitation des travailleurs et je ne sais trop quoi. S’ils avaient fait un peu de recherche, ils auraient bien vu que la Place Valois n’était pas le bon symbole à attaquer. M’enfin… J’ai eu le sentiments que ces gens se prennaient pour des sauveurs de la bonne cause et qu’ils venaient pisser sur ma pelouse alors que les 364 autres jours de l’année, on ne les voit jamais dans le quartier (je soupçonne qu’aucun des organisateurs n’y vivent d’ailleurs…).
Aussi ironique, la présence policière extraordinaire. Il y avait hier plus de policiers pour ces 300 manifestants que pour la fameuse soirée de casse au centre-ville lié à la victoire du Canadien de Montréal. C’est biaisé, j’en conviens, mais mon esprit tordu n’a pas pu se retenir de penser que la police a beaucoup plus de facilité à varger sur des gens dans l’Est de la ville que sur une foule du centre-ville. Et ils n’avaient pas de petits drapeaux “jour du travailleur” sur leurs chars hier les policiers, contrairement aux jours des matchs de hockey.
Ce qui s’est passé hier etait-ce un cas de brutalité policière? Sans doute. Mais le concept même de revendiquer, c’est de se tenir debout et de s’affirmer en ne se cachant pas derrière un foulard jusqu’aux oreilles. Si t’es même pas prêt à t’identifier pour la cause que tu défends, c’est faible comme affirmation…
Superbes photos ici. Quand je les ai vu, je me suis dit que je devrais aller chercher ma caméra et que y’aurait clairement des trucs intéressants à prendre plus tard…