Tu rentres dans la ma chambre, je rentre dans la tienne

9 05 2008

Si Trudeau avait eu une relation avec une ex-copine des Hells, personne ne s’en aurait offusqué. Alors pourquoi on s’excite pour Maxime Bernier maintenant?

C’est assez simple en fait. C’est que voyez vous, Trudeau a toujours maintenu que l’état n’a pas d’affaire dans la chambre à coucher des Canadiens et Canadiennes. Vous êtes gais? Lesbiennes? Bisexuels? Vous avez des aventures? L’état s’en fout. Tant que c’est légal, ça ne concerne que vous.

Mais voilà le problème. Le gouvernement Harper a décidé lui que l’état a justement beaucoup affaire dans nos chambres à coucher. Pas le droit d’avoir des relations sexuelles avant 16 ans, avec un max de 5 ans d’âge de différence. Des tendances très louches (qui se réaliseront fort probablement si jamais les Conservateurs deviennent majoritaires à la Chambre des communes) de vouloir empêcher les mariages entre conjoints de même sexe. Du cash pour les femmes plutôt que des garderies, question de les garder un peu plus dans la chambre à coucher pour qu’elles fassent des enfants et les élèvent à la maison. Des petites tendances aussi à limiter ce que les femmes font avec leur corps via des réglementations très louches par rapport à l’avortement (et pas juste via le projet de loi C-484). Et j’en passe…

Alors voià. Le gouvernement s’est invité dans ma chambre et dans mon lit depuis son élection en janvier 2006. Mais là, si le gouvernement fédéral s’invite comme ça dans ma chambre, sans que je n’ai rien demandé et sans que je l’y invite, il est tout à fait naturel que je m’invite à mon tour dans les chambres à coucher des ministres dudit gouvernement.

Voilà pourquoi je trouve que la chambre à coucher de Maxime Bernier me concerne et qu’il devrait être obligé de s’expliquer. Parce que si son gouvernement (et donc, lui, forcément) veut savoir ce que moi je fais dans ma chambre (et s’assurer que c’est conforme aux valeurs de REAL Women of Canada et autres fantastiques groupes de droite), comment peut-il penser qu’il n’aura pas ensuite lui aussi à s’expliquer sur la sienne???

Et évidemment, s’il voulait qu’on lui foute la paix, y’aurait pas fallut qu’il vienne fouiller dans nos chambres à nous. Parce qu’effectivement, Trudeau l’a dit et il avait bien raison là-dessus. L’état n’a vraiment, mais vraiment, rien à faire dans les chambres à coucher des Canadiens et des Canadiennes.





Le monde, heu, les médias à l’envers

9 05 2008

Trouvez l’erreur.

Hier, à la une du Journal de Montréal, ce quotidien le plus pipole en ville, on nous montre la fameuse photo de Maxime Bernier avec sa jolie ex-blonde au décolleté non-réglementaire selon Mister Harper. Le visage de la demoiselle est brouillé. Sérieusement. La même photo est dans Le Devoir, La Presse et partout ailleurs, aucune photo n’est brouillée mais la méga-photo qui fait toute la une du Journal de Montréal, ouep, le visage est brouillé.

Attendez. Une photo d’une ex-blonde des Hells brouillée dans le journal de Montréal mais nul par ailleurs. Hé ben… Et l’article du journal de Montréal, tout doux, aussi mignon qu’un petit chiot de six mois qui vous regarde avec sa langue trop longue. Un bel petit article tout gentil. Dans le média pipole qu’est le journal de Montréal. À propos d’une fille impliquée avec des Hells. Hé ben…

Et dans Le Devoir, ce journal indépendant et hautement intellectuel (surtout comparé au Journal de Montréal), un journal dans lequel à la limite on n’entendrait pas parler du tout de cette ex-blonde de Hells qu’on ne serait pas surpris du tout, on nous offre un article particulièrement abrasif et tellement pipole que ça surprend (j’ai refermé le journal pour voir si j’étais bien en train de lire Le Devoir et non le Journal de Montréal…). Des trucs comme ça : “Mme Couillard s’était présentée vêtue d’une robe soleil et d’un veston et, selon les informations rapportées par le Globe and Mail, le bureau du premier ministre n’avait pas apprécié le décolleté prononcé laissant deviner une opulente poitrine.”

Wow, Le Devoir qui commente la poitrine d’ex-mannequins… Hé ben.

On aura tout vu…

Mise à jour : tiens, Patrick Lagacé a aussi sursauté en voyant la une du Journal de Montréal… Quand on lit Marissal hier qui disait que Bernier s’était vanté devant lui de téléphoner à PKP directement, c’est clair qu’on se pose des questions…