Bienvenue au Marché aux puces STM

15 12 2007

Un jour, quelque part entre mon départ de Montréal en août 1996 et mon retour en juillet 2007, le métro de Montréal s’est transformé en marché aux puces.

Je ne sais pas quand c’est arrivé exactement, je ne sais pas comment puisque la nouvelle ne s’est jamais rendue jusque dans L’Acadie Nouvelle.

Mais ça m’agace. J’ai un arrière-goût de Supermercado. En fait, j’ai une impression du marché aux puces 7 étoiles (pourquoi 7? Mystère) du Boulevard Taschereau, à St-Hubert, dans mon enfance. Un ancien distribution aux consommateurs et un Steinberg, ou est-ce un Wolco? Devenu marché aux puces au début des années 1980. C’était juste à côté du Motel Canada et d’un magasin qui vendait des “liqueurs populaires” faites localement. Root beer, Cream soda et autres pop que mon grand-père Bélanger achetait en quantité et que j’ai toujours refusé de boire. Dans des bouteilles de verre à part ça. Ça goûtait la réglisse noire, c’était dégueu, beurk. On avait donc fait un accomodement raisonnable mon papi et moi (oui, oui, en 1983 déjà des accomodements, incroyable, non?). Ok pour le Cream Soda s’il est dans un verre de Disney collectionné du McDo. Y’avait toujours une caisse de Cream Soda pour moi dans le sous-sol en panneaux de bois préfini au plafond en toile d’amiante.

Au marché aux puces 7 étoiles, y’avait de tout. Des souliers chinois (ah que c’était donc confortable), des ti-minous dans des cages (et pourtant, personne n’apellait la SPCA), des imitations de souliers L. A. Gears et de chandails et lunettes Vuarnet. Tout était faux évidemment, made in China all the way. Mais c’était pas cher pas cher. Pas de facture, pas de taxe, met ça dans la sacoche, merci bonsoir.

À ce que j’en sais, le marché aux puces 7 étoiles à fermé à la fin de années 1990 pour céder sa place à un Walmart. Y’a une certaine ironie là-dedans je trouve. Marché aux puces démoli pour construire un Walmart. Enfin.

Je suis cependant bien contente de savoir que les vendeurs ont réussi à se relocaliser. Oui, vous en avez peut-être vu, ils ont pris d’assaut les stations de métro de Montréal. Cravates, lunettes, imitations de chandails de marque, machins pour cellulaires, bijoux de plastique.

Sérieux là, est-ce que la STM va si mal qu’on est rendu à vendre des espaces de marché aux puces? Déjà que ça m’énerve qu’on vende des MURS complets de station (faut voir les publicités de 30, 40 pieds de haut à Berri-UQAM).

La semaine passée à la station Bonaventure, c’était impressionnant. Sort du wagon, escalier mécanique en réparation depuis 5 mois. Personnel en train d’installer les nouveaux tourniquets qui bloquent la moitié du passage pour leurs travaux. Les employés de la STM qui ramassent du change pour Noël et qui bloquent le flot de passagers. Les 2 mecs qui tentent presque de force de vous mettre le journal Métro dans les mains, les 3 stands à marché aux puces, la madame toute muette et discrète qui tente de vendre l’Itinéraire, 2 itinérants qui dorment sur le côté et un mec drôlement handicappé dans sa chaise roulante qui veut aussi notre change.

Je n’ose pas imaginer ce qu’un touriste doit penser de notre métro. J’ai pris le métro à Paris, Barcelone, Berlin, Londres, Glasgow, Boston et je ne sais où encore mais je n’ai jamais vu de vendeurs de marché aux puces dans les stations.  Est-ce qu’on est si pauvre que ça? Est-ce qu’on a autant besoin des maigres revenus de ces vendeurs de toc?

Si au moins les tarifs de la STM étaient super bas, on pourrait se dire que coup donc, mieux vaut endurer quelques vendeurs de marché aux puces plutôt que de payer le gros prix pour notre réseau de transport en commun. Mais non. Le métro coûte quand même assez cher à Montréal. Et de son côté, le service n’est pas toujours au rendez-vous, c’est le moins qu’on puisse dire…


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